Chili-coutumes
Les Chiliens
Il est toujours difficile de décrire les habitants d’un pays que l'on aime et de se moquer gentiment de leurs petites manies. Peter Mayle l’a fait avec succès avec ses livres sur la Provence et les Français ont été ravis de retrouver leurs petits travers sous la plume de cet écrivain britannique. Faute d’avoir découvert le Peter Mayle chilien, on trouvera de quoi satisfaire sa faim dans le petit livre que l’éditorialiste Hermogenes Perez de Arce, un ancien du Mercurio, a consacré à ses compatriotes. «Los chilenos en su tinto», publié aux Editions Mercurio Aguilar, est une excellente introduction à la mentalité chilienne. Et ceux qui connaissent le Chili et le pratiquent depuis plusieurs années y trouveront également leur compte. Perez de Arce se penche sur le langage, les manies, la vie quotidienne de ses compatriotes, et donne son interprétation. C’est bien vu.
Que penser par exemple de cette habitude qu’ont les Chiliens d’employer des diminutifs à tout bout de champ? Même l’expatrié le plus rebelle à la langue espagnole aura remarqué que l’on préfère boire un» cafecito» plutôt qu’un «café», qu’il est préférable d'être bien «abrigadito» ( couvert) pour affronter l’hiver, et qu’il arrive souvent que l’on arrive chez des amis «atrasadito» ( en retard). Hermogenes Perez de Arce a une interprétation. Cette propension a utiliser les diminutifs, écrit-il en synthèse, est peut-être une manifestation d’insécurité, le témoignage d’une crainte de s’affirmer en face d’autrui. Ne serait-elle pas à mettre en parallèle avec d’autres traits de caractère chiliens comme celui de ne pas savoir vraiment dire «Oui» ou «Non». Si un chilien dit «Oui», cela veut dire "peut-être", s’il dit «peut-être» cela veut dire «non», et s’il dit «non», ce n’est pas un Chilien.
Et les «Gringos», me direz-vous, que représentent-ils dans l’imaginaire chilien? Selon Perez de Arce, ils seraient des individus de race blanche qui parlent une langue différente et les Espagnols rentreraient donc dans cette catégorie. Hermogenes a peut-être été là un peu rapide en besogne. Le terme gringo recouvre certes en Amérique latine beaucoup de nationalités, mais vise essentiellement les Nord-américains et autres Canadiens tout en s'élargissant bien sûr à tous les étrangers à la peau blanche et aux yeux bleus qui seront d’autant plus gringos que leur facon de se comporter le sera. Quant aux Espagnols, leur cas - colonisation oblige - restera toujours à part.
Les étrangers seraient-ils donc éternellement condamnés à n’être que des gringos ? Eh bien, non. Car «être gringo» est un état d’esprit. Comme le dit Hermogenes, et il a là parfaitement raison, le gringo est considéré comme quelqu’un qui est méthodique, et fait les choses dans l’ordre et calmement. Tandis que le Chilien le ferait « a la diabla» pour terminer rapidement l’affaire et se reposer en prenant quelques verres de vin. Tous les espoirs sont donc permis car le vaste monde ne manque pas de candidats prêts à abandonner la mentalité «gringa». C’est peut-être la raison pour laquelle de nombreux "gringos" européens ou nord-américains affluent en Amérique latine et au Chili pour vivre différemment...
Les gaffes à ne pas commettre


